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«Les profs consacrent souvent plus de temps aux garçons»

«Les profs consacrent souvent plus de temps aux garçons»

Mots clés : MixitéÉcoleInégalitésFRANCE

Par Marion Brunet
01/09/2010 | Mise à jour : 15:35

Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

INTERVIEW – Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la mixité à l’école engendre des inégalités entre garçons et filles. La sociologue à l’origine du rapport, Marie Duru-Bellat, explique au Figaro.fr ce phénomène.

LEFIGARO.FR – Vous révélez dans votre étude que les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ?

Marie DURU-BELLAT – L’une des principales raisons est que les élèves garçons prennent davantage la parole, font plus de chahut dans une classe. Les professeurs, soucieux de ne pas se laisser déborder, sont donc très attentifs à leur comportement. Les filles leur posent en général moins de problème. Les enseignants estiment également que les garçons vont mieux réussir dans les disciplines dites «masculines», comme les mathématiques, la physique, etc. Ils vont donc avoir tendance à les pousser et à passer plus de temps avec eux sur ces questions, au détriment des filles. Ils notent aussi du coup les garçons plus sévèrement.

Ces inégalités sont-elles visibles à tous les niveaux de la scolarité ?

On les constate particulièrement à partir de la sixième et jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. Les différenciations suivant les matières, qu’elles soient jugées plutôt «masculines» ou «féminines», sont plus notables à partir du lycée où les orientations commencent à se dessiner. On observe en revanche moins d’inégalités dans les classes du primaire où le niveau entre les élèves est encore assez homogène. Mais déjà, les enseignants ont tendance à destiner les garçons aux matières scientifiques.

Comment se matérialisent ces différences de traitement ?

Les professeurs consacrent en général plus de temps aux garçons. Ils leur donnent davantage la parole qu’aux filles et les laissent ensuite s’exprimer plus longtemps. L’enseignant prendra également plus de temps pour répondre aux questions des élèves masculins qu’à celles de leurs voisines. Les garçons reçoivent donc un enseignement plus personnalisé, alors que les filles sont davantage perçues et traitées comme un groupe. Le fait qu’un enseignant connaissent en général mieux le prénom des garçons est d’ailleurs assez révélateur des ces différenciations entre les deux sexes.

Les enseignants sont-ils conscients de leur comportement ?

Ils sont pour la plupart incrédules quand on pointe du doigt ces différences car tous, les hommes comme les femmes, s’efforcent de traiter équitablement les deux sexes. Mais l’école est le reflet de la société et il n’est donc pas étonnant d’y retrouver cette différenciation. Les professeurs ne sont toutefois pas les seuls responsables de cette situation. S’ils essayent de s’occuper davantage des filles, ils se font vite rappeler à l’ordre par le comportement des garçons.

Qu’en est-il de la réaction des élèves face à ces différenciations ?

Ils participent eux aussi à ce système puisqu’ils arrivent souvent à l’école avec des représentations en tête : la lecture est ainsi associée aux filles et les mathématiques aux garçons. La société les influence très clairement. Une élève bonne en maths va souvent craindre par exemple d’être considérée comme peu féminine. Et un garçon qui apprécie la littérature va redouter la réaction de ses camarades. Les élèves disent ainsi se sentir souvent plus à l’aise dans un groupe non-mixte, les filles particulièrement. Ces dernières sont contentes de ne plus subir les moqueries de leurs camarades. Les garçons, toutefois, ressentent alors une compétition exacerbée entre eux. Les enseignants disent d’ailleurs souvent que les filles polissent les garçons.

Quelles sont les conséquences sur la scolarité des adolescents ?

Cette différenciation joue beaucoup sur l’attitude des élèves. Le fait que les enseignants en attendent plus des garçons dans les matières scientifiques n’est notamment pas sans incidence sur la confiance en soi des élèves. A partir de l’adolescence, les filles de bon niveau en maths font par exemple preuve d’une confiance en elle systématiquement plus faible que les garçons de niveau identique. La différence de traitement influe aussi sur les orientations des élèves. Les filles, moins poussées par leurs professeurs en sciences, choisiront peut-être une filière littéraire alors qu’elles auraient pu faire de très bonnes scientifiques.

Faut-il pour autant revenir à la non-mixité dans les écoles ?

Je pense qu’on peut réfléchir à cette notion, notamment selon les matières où cela pourrait avoir un sens : dans les cours de sports par exemple où les garçons se moquent souvent des filles ou dans les cours de biologie ou ils s’emparent de tous les microscopes. C’est un débat qui doit être ouvert au sein même des classes. On pourrait envisager de phases de non-mixité brèves au sein de l’emploi du temps des élèves avant de les ramener vers un univers où filles et garçons sont mélangés. Un retour frontal et proclamé à la non-mixité n’est en revanche pas envisageable car il aurait une connotation symbolique désastreuse.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/09/01/01016-20100901ARTFIG00446-les-profs-consacrent-souvent-plus-de-temps-aux-garcons.php

Quand Facebook et emploi ne font pas bon ménage

Quand Facebook et emploi ne font pas bon ménage

Par Marie Bartnik
08/09/2010 | Mise à jour : 11:35


Crédits photo : Le Figaro

Des initiatives visent à restaurer une frontière plus étanche entre la sphère privée et la sphère professionnelle, en particulier dans le domaine du recrutement.

Nombreux sont les exemples de salariés qui, à l’instar de ces trois employés d’Alten licenciés pour avoir critiqué leur hiérarchie sur Facebook, ont pâti d’avoir exposé leur vie professionnelle sur le réseau social. Et si de telles indiscrétions peuvent être néfastes lorsqu’un salarié est en poste, cela est d’autant plus vrai pour les candidats à l’embauche. 45% des recruteurs fouillent en effet les réseaux sociaux s’ils projettent de recruter un candidat, rapportent Christine Balagué et David Fayon, dans leur ouvrage «Facebook, Twitter et les autres». Une pratique qui en défavoriserait plus d’un.

C’est pour cette raison que l’association À compétence égale a lancé en juillet dernier une «Charte réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement», qui préconise notamment aux recruteurs de «ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d’enquête» sur leurs futures ouailles. Signée entre autres par l’Agence pour l’emploi des cadres, le siteCadremploi.fr ou encore Syntec conseil en recrutement, cette charte, la première de ce type élaborée en France, vise à la fois à faire respecter la vie privée des candidats et à préserver la neutralité du recruteur. «Si une personne rend publique sur Facebook des informations telles que sa religion, son lieu de naissance ou encore sa situation matrimoniale, le point de vue de l’employeur peut être biaisé», argumente Cyril Capèle, membre du conseil d’administration d’À compétence égale.

Des interdictions difficiles à mettre en oeuvre

Une démarche similaire dans ses objectifs vient d’éclore outre-Rhin. Le ministre de l’Intérieur allemand, Thomas de Maiziere, a présenté à la fin du mois d’août un projet de loi relatif aux questions de respect de la vie privée, qui inclut une interdiction formelle pour les recruteurs de devenir amis sur Facebook avec un candidat, sous peine d’amende. Une proposition réaliste ? «Il me semble que non, répond Cyril Capèle. Même si cette interdiction peut présenter un intérêt pédagogique, les recruteurs ont aussi une vie personnelle ! Comment s’assurer que l’on n’est pas actuellement ami avec quelqu’un qui deviendra un jour un candidat ?». Il est bien difficile, par ailleurs, de contrôler que le recruteur n’aura pas eu accès au profil Facebook de son futur collaborateur par d’autres moyens…

Développer la responsabilité de l’internaute

Le problème qui se pose dans ce cas, ou lorsqu’un salarié évoque sa vie professionnelle sur Facebook est celui de la frontière, de plus en plus ténue, entre la sphère privée et la sphère publique. Une porosité croissante que les salariés ne sont pas les seuls à redouter : les entreprises aussi, se montrent soucieuses de contrôler l’image que leur renvoie internet, comme en témoigne l’exemple de cette compagnie aérienne, Singapour Airlines, qui a récemment interdit à ces salariés d’évoquer leur travail sur Facebook. «Plutôt que d’édicter des interdictions difficilement applicables, mieux vaut à mon sens informer davantage, et développer le sentiment de responsabilité de l’internaute», estime la spécialiste du recrutement Fadhila Brahimi.

A cet effet, cette dernière conseille d’être particulièrement vigilant à maintenir la distinction entre un statut public ouvert à tous, et un statut privé, accessible à quelques amis seulement, et sur lequel il est possible d’observer moins de contraintes. «De plus en plus de personnes ont dorénavant deux statuts sur Facebook, qui leur permettent de gérer plus efficacement les destinataires des informations qu’ils publient», constate-t-elle. Une distinction qu’il vaut mieux intégrer, car pour entretenir son réseau, Facebook reste un outil précieux

Source : http://www.lefigaro.fr/emploi/2010/09/07/01010-20100907ARTFIG00602-quand-facebook-et-emploi-ne-font-pas-bon-menage.php

Des bienfaits de la faute

VOUS 06/09/2010 À 00H00

Des bienfaits de la faute

Zéro pointé . Selon une étude de l’OCDE, les élèves français font partie de ceux qui craignent le plus de faire des erreurs en classe.

Par LISETTE GRIES

Il paraît que l’erreur est humaine. Soit. Mais pas partout. Se louper, se planter, se gourer, bref, se tromper reste l’angoisse numéro 1 des élèves français. C’est tellement vrai que même le gratin de la réussite s’en est ému cet été. Dans les locaux de la prestigieuse Ecole normale supérieure (ENS), rue d’Ulm à Paris, doctorants et chercheurs de l’association Paris-Montagne ont élevé la boulette au rang de passage obligé de l’apprentissage. Mieux, de déclencheur à découvertes (lire ci-contre). Sous la bannière «Détrompez-vous ! Un festival d’erreurs», la docte assemblée a invité des élèves à se prendre les pieds dans le tapis d’ateliers scientifiques. Sous le regard pour une fois fier et ému de leurs parents. «Certains nous ont dit se sentir soulagés qu’on puisse traiter ce thème dans un lieu de savoir», confirme Maëlle Lenoir, présidente de l’association.

Trouille. Mais la rentrée est là. Avec sa cohorte d’effaceurs, Tipp-Ex et gommes. Des fournitures que les petits Français n’oublient jamais. «Ils sont parmi les plus anxieux. Et expliquent, dans les enquêtes que nous menons, qu’ils ont peur de mal faire», résume Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l’éducation à l’OCDE. Depuis 2000, l’Organisation de coopération et de développement économiques évalue, tous les trois ans, les systèmes éducatifs d’une soixantaine de pays occidentaux.

Pourquoi tant de trouille ? «En France, l’école fonctionne avec un système hiérarchique très fort. Le professeur détient l’autorité et le savoir, et ses relations avec les élèves ne sont absolument pas détendues», précise Bernard Hugonnier. Cette position de l’enseignant tout-sachant, une image quelque peu écornée par le prof de français du film Entre les murs, palme d’or 2008 au festival de Cannes, intimiderait même les meilleurs. Comme Mathilde, 15 ans : «J’ai toujours peur d’avoir l’air bête devant les profs. Le jour du brevet d’histoire-géo, ceux qui nous surveillaient lisaient les copies rendues et rigolaient entre eux des fautes des candidats. J’ai trouvé ça hyper pas sympa ! raconte la jeune lycéenne.Du coup, j’ai attendu avant de rendre ma copie, et, quand je me suis décidée, j’ai bien guetté leurs réactions.»

Le problème, c’est que les élèves inquiets préfèrent souvent refuser de répondre ou, au contraire, chahutent plutôt que de prendre le risque de se tromper. Les profs, eux-mêmes, donnent parfois trop vite la solution.«L’an dernier, quand quelqu’un donnait une mauvaise réponse, la maîtresse disait “faux !” et elle passait à quelqu’un d’autre. Moi, j’aurais préféré avoir des explications», confie Ninon, 10 ans.

«Nous sommes dans une civilisation de la certitude, affirme Jacques Fiard, professeur à l’IUFM d’Auvergne et coauteur de l’Erreur à l’école (1).L’erreur fait peur à l’enseignant autant qu’à l’élève.» Ce qui conduirait les profs à des réactions un peu catégoriques quand leurs protégés répondent à côté. Mais il n’y a pas que ça. «L’objectif donné aux professeurs, c’est de terminer leur programme dans l’année. Il faudrait que cela change et qu’on leur fixe pour but de faire réussir tous leurs élèves sans redoublement», préconise Bernard Hugonnier. Pour y parvenir, les experts proposent que l’on cesse d’évaluer les enfants en permanence. Et que l’on mette au point un système de notation qui valorise la réponse juste au lieu de sanctionner la réponse fausse. Une requête ancienne, qui peine toujours à se faire entendre. La FCPE, première fédération de parents d’élèves, milite pour que l’on encourage davantage les élèves. Le Mouvement contre la constante macabre (le fait qu’un enseignant se sente obligé de mettre de mauvaises notes) propose un système d’évaluation «par contrat de confiance», qui facilite la réussite des élèves aux contrôles.

«Méchant». Autre piste, celle de François Gaudel, professeur de maths à la retraite et «errorophile» convaincu : «Dans ma classe, j’interdisais l’usage de la gomme. Je voulais que les élèves retrouvent le cheminement de leur pensée pour qu’ils ne se contentent pas de corriger leurs erreurs mais qu’ils puissent aussi les comprendre.» Une façon de lutter contre la réticence des scolaires à laisser des traces de leurs réponses erronées, comme s’ils avaient du mal à accepter qu’ils aient pu faire fausse route.

Enfin, il y a aussi la peur de se planter devant les autres. «Entre nous, on se moque de ceux qui se sont trompés», admet Jean, en CM2. Cette peur de l’humiliation en public empire à l’adolescence. Mathilde raconte une douloureuse remise de copies en physique-chimie : «J’avais fait une grosse faute et, au moment de me rendre ma feuille, le prof a commencé à lire ma réponse fausse à voix haute devant tout le monde. C’était méchant, j’avais trop honte. Du coup j’ai crié : “Non ! Non !” et il s’est arrêté, heureusement.»

(1) Editions l’Harmattan

Source : http://www.liberation.fr/vous/0101656036-des-bienfaits-de-la-faute

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU,VU&ENTENDU

ECONOMIE – 5 septembre 2010 à 17h28

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU SUR…

«Ils pensent que vous devriez travailler plus longtemps. Pourquoi cela ne nous aidera pas.» Est-ce le titre d’une tribune de Bernard Thibault, François Chérèque ou Jean-Claude Mailly? Pas du tout. Cette chronique est parue dans le Washington Post, sous la signature d’Ezra Klein.

Le jeune journaliste américain nous permet de mesurer que le débat sur l’âge de la retraite est loin d’être franco-français.

«Il y a beaucoup de choses que le Congrès ne sait pas en ce moment. Que faire au sujet des emplois, par exemple. Qui va diriger la Chambre en janvier. Comment faire pour équilibrer le budget. Mais il y a une chose sur laquelle les deux partis semblent de plus en plus d’accord: vous devriez travailler plus longtemps.»

Outre-Atlantique, le raisonnement est le même qu’en France: les gens vivent plus longtemps, il est donc logique qu’ils travaillent plus longtemps. Mais, pour Ezra Klein, ce n’est peut-être pas si «logique». Il relève que ce point de vue est partagé par les hommes politiques –qui aiment leur travail et ne veulent pas s’arrêter– et les journalistes et chroniqueurs –qui aiment leur métier et ne veulent pas s’arrêter.

«Mais la plupart des gens ne travaillent pas au Congrès ou dans les médias. Ils travaillent sur leurs pieds. Ils en ont plein le dos. Ils s’ennuient ferme à la fin de leur journée. Au moment où ils sont atteignent 60 ans, ils veulent prendre leur retraite.»

Aux Etats-Unis, les salariés perçoivent une retraite par le biais du régime de base, baptisé Social Security, qu’ils complètent notamment avec des régimes professionnels. Mais le régime de base est majoritaire, il concerne 90% des retraités américains. Depuis la réforme de 1983 menée sous Ronald Reagan par Alan Greenspan, avant qu’il ne dirige la Fed, l’âge de la retraite à taux plein a été relevé progressivement. Pierre-Yves Dugua, sur son blog, expliquait en juin:

«Aujourd’hui un Américain à partir de 62 ans peut toujours prendre sa retraite. Mais il ne percevra qu’une partie de sa pension au titre de “Social Security”. Plus il diffère sa retraite, plus sa pension sera élevée. En 2026, l’âge à partir duquel l’Américain pourra profiter de 100% de cette pension publique sera de 67 ans.»

Le régime américain est également confronté à un manque de ressources. Mais, explique Klein, «le problème n’est pas que la Social Security dépense trop d’argent ou que nous vivions trop longtemps. Le problème, c’est que nous n’avons pas assez d’enfants (ou pas assez d’immigrants)». Le chroniqueur chiffre le coût du sauvetage du système: 0,7% du PIB jusqu’en 2035. Soit «à peu près ce que coûteront les coupes dans les impôts pour les riches accordées par George W. Bush sur la même période».

Surtout, Ezra Klein contredit l’évidence qui voudrait que tous les Américains vivent plus longtemps. Il compare l’espérance de vie en 1935 (date de la création de Social Security) et de nos jours.

«Si vous étiez un homme blanc de 60 ans en 1935, vous pouviez espérer vivre 15 ans de plus. Si vous êtes un homme blanc de 60 ans aujourd’hui, vous pouvez espérer vivre 20 ans de plus.»

Et le système reflète les inégalités sociales:

«En 1972, un travailleur de 60 ans de sexe masculin qui gagnait moins que le revenu médian avait une espérance de vie de 78 ans. En 2001, il avait une espérance de vie de 80 ans. Pendant ce temps, les travailleurs situés dans la tranche supérieure passaient de 79 ans à 85 ans. Dans la mesure où l’argument de relever l’âge de la retraite est que “les bénéficiaires de la sécurité sociale vivent beaucoup plus longtemps aujourd’hui qu’en 1935″, il devrait être reformulé ainsi: “les bénéficiaires de Social Security ont tendance à vivre un peu plus aujourd’hui qu’ils ne le faisaient en 1935, et c’est beaucoup plus vrai pour les bénéficiaires riches que pour les pauvres”.»

Photo: Reuters

Source : http://www.slate.fr/lien/26853/ils-veulent-vous-faire-travailler-plus-longtemps-ils-ont-tort

Les bienfaits de la contrefaçon

Luxe

Les bienfaits de la contrefaçon

03 septembre 2010 The Daily Telegraph Londres
Des bijoux contrefaits, dans un magasin de Jakarta, Indonesie.

Des bijoux contrefaits, dans un magasin de Jakarta, Indonesie.

AFP

La contrefaçon ne se fait pas seulement au bénéfice de certains consommateurs. Les marques copiées en tirent elles-mêmes profit, estime un rapport financé par l’Union européenne.

Les sacs Louis Vuitton et les montres Rolex achetés à l’étranger pour une bouchée de pain donnent souvent mauvaise conscience aux acheteurs. Si les vacanciers sont ravis d’avoir fait une bonne affaire, ils ont souvent peur d’avoir acheté un produit de mauvaise qualité, d’avoir outrepassé les limites de la légalité et engraissé le grand banditisme.

Mais apparemment, ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être. Un nouveau rapport financé par l’UE donne même carte blanche aux vacanciers pour leurs achats. Selon cette étude, rédigée en partie par un conseiller du Home Office [le ministère de l’Intérieur britannique], les consommateurs et le marché du luxe ont en revanche tout à gagner.

Ainsi, les pertes liées à la contrefaçon pour l’industrie du luxe seraient complètement surestimées – puisque la plupart des gens qui achètent des contrefaçons n’auraient jamais les moyens de se payer les originaux – et ces marchandises prohibées seraient même une bonne opération de marketing.

La police ne devrait pas perdre son temps à lutter contre ce trafic

D’après ce rapport, la police ne doit pas perdre son temps à essayer d’enrayer ce trafic. En effet, l’étude bat en brèche l’affirmation selon laquelle la contrefaçon financerait le terrorisme et le grand banditisme. L’opinion publique, rappelle les rapporteurs, n’est d’ailleurs guère favorable à un renforcement de la répression puisque les consommateurs sont les premiers à profiter de ce commerce illégal, qui rapporterait 1,3 milliard de livres [1,5 milliard d’euros] chaque année au Royaume-Uni.

Pour le professer David Wall, co-auteur du rapport et conseiller du gouvernement en matière de criminalité, la valeur du préjudice subi par le secteur du luxe est largement surestimée : les pertes s’élèveraient en fait à un cinquième des estimations actuelles. “Voire peut-être moins“, dit-il. “D’ailleurs, selon certains éléments, la contrefaçon profiterait aux grandes marques en raccourcissant notamment le cycle de vie d’un produit et en augmentant la sensibilité des gens aux marques. Ce qui est vraiment préoccupant en revanche, c’est la contrefaçon de médicaments, des pièces détachées pour les avions et toutes ces choses qui peuvent vraiment causer du tort aux consommateurs. Alors que les restrictions budgétaires affectent également la police, et qu’on leur demande toujours d’en faire plus, la lutte contre la criminalité devrait avoir d’autres priorités.” explique-t-il.

1000 euros d’amende pour un sac acheter 7 euros à Venise

Si les autorités britanniques traquent les trafiquants de contrefaçons, le gouvernement a décidé de ne pas pénaliser les consommateurs. Ce qui n’est pas le cas partout. En France par exemple, l’achat de contrefaçons est puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 euros ou de trois années d’emprisonnement. Cet été en Italie, lors d’un coup de filet, un touriste a été condamné à verser une amende de 1000 euros pour avoir acheté un faux sac Vuitton pour 7 euros près de Venise.

Selon le rapport, près de trois millions de personnes achètent chaque année des marchandises estampillées Louis Vuitton, Yves Saint Laurent, Burberry ou Gucci. Un tiers des ventes se font par Internet. Pour David Wall, les consommateurs ne sont pas dupes : “Je reviens de Corfou. Il y avait des montres Breitling à 10 euros. Il faudrait être fou pour croire que ce sont des vraies.”

La qualité a été nettement améliorée, ajoute le rapport destiné au British Journal of Criminology. Il conclut que “l’opinion publique n’est pas favorable à l’affectation de fonds publics à la surveillance et à la poursuite des auteurs et des fabricants de ce type de contrefaçons” ; et avance que c’est à l’industrie du luxe et non à la police de faire ce travail.

La police et les grandes marques de luxe ne sont toutefois pas convaincues. “La vente de contrefaçons est un délit grave dont les bénéfices financent des organisations criminelles aux dépens des consommateurs, des entreprises et des gouvernements“, déclare un porte-parole de Louis Vuitton. Même son de cloche chez Burberry : la contrefaçon n’est pas à prendre à la légère. Quand un cas de contrefaçon est avéré, Burberry se prononce toujours en faveur de la peine maximale, a déclaré un représentant de la marque. Pour l’association des commissaires de police, la contrefaçon n’est “pas un délit sans victimes.” Les entreprises, les particuliers et les contribuables ont tous, selon son porte-parole, à en subir les conséquences.

Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/331001-les-bienfaits-de-la-contrefacon

Le portable, doudou envahissant des grands

Le portable, doudou envahissant des grands

LEMONDE | 04.09.10 | 14h05  •  Mis à jour le 04.09.10 | 14h05
Un iPhone 4 d'Apple.AP/Jeff Chiu

Un iPhone 4 d’Apple.

Quand il s’est offert son iPhone, Bruno, 47 ans, réalisateur de documentaires, est retombé en enfance. “Après avoir amené mes fils à l’école, je prenais un café avec des copains et je leur faisais des démonstrations. On rigolait, ça nous excitait beaucoup. Je trouvais toujours de nouveaux arguments pour les persuader que c’était un appareil révolutionnaire.”

Son enthousiasme a poussé quelques amis à faire l’acquisition de ce joujou. Pour lui, l’appareil représente bien plus qu’un téléphone, plutôt un ordinateur de poche qui lui ouvre des possibilités “incroyables”. “Mon iPhone m’est devenu indispensable, il est entré dans ma vie. C’est un prolongement professionnel de mon travail.” Bruno est à l’affût de la moindre innovation. “J’ai téléchargé une fonctionnalité qui permet de se servir de son iPhone comme télécommande pour allumer son ordinateur”, s’émerveille-t-il.

Chaque fois qu’Apple met au point une nouvelle application gratuite, il reçoit un message. “Avec la dernière génération, je vais pouvoir faire des vidéoconférences, avoir, en quelque sorte, le don d’ubiquité. C’est une vraie démocratisation de l’image, de la vidéo”, poursuit-il.

Dans le métro, il joue sans miser d’argent à des jeux de cartes, le poker souvent, la roulette. Ce qu’il aime aussi, c’est la notion de partage instantané. “Tu fais une photo et tu l’envoies aussitôt.” La gestuelle aussi est “révolutionnaire”. “Tu peux envoyer des photos d’un simple geste du poignet, pêcher des poissons virtuels en te servant de ton iPhone comme d’une canne à pêche, descendre des pistes de ski.

Objet ludique, éminemment sensuel, le smartphone se caresse, répond au doigt et à l’oeil et révèle son intimité (carnet d’adresses, courriels, photos, musique, agenda, notes personnelles…). Révélateur de soi-même et promesse des autres (on y consulte ses amis sur Facebook, on communique sur Twitter, etc.). “On va retrouver une gestuelle quasiment toxicomaniaque avec le mobile, considère Michael Stora, psychanalyste, cofondateur de l’Observatoire des mondes numériques. Il y a un enjeu de maîtrise très fort. D’autant plus qu’il tient dans la main comme la souris d’ordinateur. La révolution tactile assouvit nos fantasmes de l’enfance.”

Cette époque où le bébé avait une relation d’emprise avec sa mère, faisait corps avec elle, où tous les besoins étaient satisfaits comme par magie. Le smartphone a cette capacité instantanée de combler les désirs grâce à un toucher magique. On peut faire apparaître des images à volonté, des contacts. Tel Harry Potter qui d’un coup de baguette voit ses désirs intérieurs prendre corps.

“On retrouve l’illusion de toute- puissance du bébé, celle de créer le monde. Le fait de pouvoir toucher l’image va renforcer la possibilité de pouvoir s’approprier quelque chose de lointain”, poursuit le psychanalyste. Le mobile serait en quelque sorte “un substitut à la relation maternelle, un objet transitionnel”, à l’instar du doudou conceptualisé par le pédiatre britannique Donald Winnicott, qui permet au petit enfant de supporter l’absence de sa mère.

Mais à la différence du doudou, dont le nourrisson va apprendre à se passer, le smartphone nous fait entrer dans la dimension du lien permanent. De la capacité à être seul sans se sentir seul. Qu’on l’oublie et c’est la panique. On s’endort avec (il nous donne l’occasion d’envoyer un dernier SMS ou de raconter sa journée à ses amis sur un réseau social), on s’agace de ne pouvoir joindre son interlocuteur. L’espace-temps est aboli au profit de l’immédiateté.

“Je n’ai jamais eu de demandes de gens qui souhaitaient décrocher du mobile, remarque Marc Valleur, addictologue et médecin-chef de l’hôpital Marmottan, à Paris. C’est une vraie dépendance, mais tout à fait acceptable, utile et plutôt positive.” Avec un bémol cependant. “Il peut y avoir un abus d’usage, mais comme pour l’ordinateur avec les jeux en réseau”, précise-t-il.

Cet abus d’usage viendrait révéler, chez les plus accros, une forme de fragilité. Comme chez Ivan, 25 ans, qui refusa, après une soirée arrosée, de dormir chez une amie et préféra faire un long trajet pour recharger son iPhone. Comme Benoît, la quarantaine, qui, “pour ne plus être captif de son besoin de communiquer, ne plus être dans l’attente”, l’a laissé volontairement chez lui durant huit heures, à grand-peine.

Justine Desbouvrie, psychologue clinicienne, a consacré son mémoire de maîtrise au thème du téléphone portable et des angoisses de séparation. “Ce n’est pas parce qu’on a besoin de son mobile que c’est une addiction, c’est quand il vient prendre la place de la relation à l’autre”, explique-t-elle. On préfère sa communauté virtuelle à la vraie rencontre. “Avec son téléphone à côté de soi, on se sent plus fort, c’est un autre partiel qui vous rassure.”

Mais qu’il n’y ait personne à l’autre bout et la panique s’installe. “Il se développe une intolérance à la frustration. Les limites deviennent floues entre être là et pas là. Certaines personnes ne supportent pas que leurs interlocuteurs ne répondent pas. Du coup, eux-mêmes se sentent obligés de répondre à chaque appel”, développe la psychologue. Et le téléphone se transforme en tyran de l’autre et de soi-même.

Cet objet apparemment sécurisant peut provoquer, paradoxalement, une “grande insécurité affective en fragilisant l’engagement à l’autre”, poursuit Justine Desbouvrie. Avant, on se donnait un rendez-vous dans un endroit précis, à une heure convenue, et on s’y tenait. Avec le mobile, on annule plus facilement un rendez-vous au dernier moment, profitant d’une meilleure occasion. “Ça accompagne un mouvement global de société à chercher la satisfaction ailleurs que dans une relation aux autres qui soit solide et fiable”, considère la psychologue.

Sylvie Craipeau, sociologue à l’Institut Télécom Sud Paris, à Evry, fait remarquer que le téléphone tient un peu la place d’un chapelet. On s’assure de sa présence. Dès qu’on a un moment, on le consulte. Dans les transports, on joue avec. “Il a une fonction presque existentielle. Et permet de nous réunifier dans une société morcelée et qui nous morcelle”, considère-t-elle. Mais il génère aussi une certaine intolérance à la solitude.

“On n’apprend plus à être seul et à rêver”, déclare la sociologue. Et certains chercheurs vont jusqu’à considérer que cette merveille technologique menace l’imaginaire, prenant subrepticement la place des moments de rêveries, propice à la création.

Martine Laronche

Article paru dans l’édition du 05.09.10.

Note du 03 septembre 2010 – Histoire du Moustique

Wikifle

  • C2Impérissable tweed : Un vent à décorner les béliers. Dans la lande sauvage, seuls les ajoncs en fleur résistent aux incessants assauts des rafales. Quelques moutons à tête noire paissent imperturbablement l’herbe rase sur les grandes étendues de tourbe et de cailloux. Dans le petit bourg de Garynahine, à l’ouest de l’île Lewis (Hébrides extérieures, à l’ouest de l’Ecosse), John MacLean passe ses journées dans son petit atelier, à pédaler sur sa machine à tisser. Le Monde
  • B2Les cybercondriaques : Des patients qui arrivent chez leur médecin en ayant en tête un diagnostic glané sur le Net, surdocumentés sur leur pathologie comme pour un grand oral. En face, des toubibs qui s’en agacent, maudissant la Toile… Depuis cinq ans, les infos médicales du Web parasitent la relation patient-médecin. Comme si un tiers virtuel s’interposait. Libération
  • B1Veuillez excuser l’absence… : Pour ceux qui sèchent devant le carnet de correspondance de leurs gamins, ne sachant plus quoi inventer pour calmer le courroux des profs, voici un recueil de mots d’excuse (1) à potasser pour la rentrée. Libération
  • C1Adieu les frites à la cantine : Quatre, c’est le nombre de fois maximum où, tous les vingt jours, le gras aura droit de cité dans les cantines scolaires, crèches et restaurants universitaires. Car d’ici à la fin du premier trimestre, ce qui n’était jusqu’à présent que des recommandations nutritionnelles – dont le fameux «5 fruits et légumes par jour» – va devenir une obligation. Libération
  • C1Articles de la mort : RIP. Populaires au Ghana, insolites en Grande-Bretagne, les cercueils customisés font l’objet d’une expo baroque à Besançon. Libération
  • B1Pour la rentrée, 10 bêtises à faire à l’école (ou pas) : Les vacances finies, c’est la rentrée pour quelques 12 millions d’élèves français. Un moment pas forcément agréable, car si on retrouve les copains/copines à qui on raconte ses vacances, on retrouve aussi le prof de mathématiques détesté ou les interminables leçons de Latin. Pour faire passer la pilule, rien de tel que d’ouvrir quelques bonnes bandes dessinées, surtout qu’on y trouve une foule d’exemples de bêtises à faire à l’école. Des petites broutilles qui font passer l’année scolaire plus vite aux grandes conneries qui marquent à vie. Blog Slate.fr
  • B2Histoire du moustique – L’animal le plus mortel pour l’homme : Les professeurs de biologie demandent souvent quel est animal qui tue le plus de gens. Leurs pauvres élèves se ridiculisent en s’écriant «l’ours gris!», «le tigre!», «le cobra !» ou même «l’hippopotame!». La bonne réponse, bien sûr, c’est le moustique femelle –pas de fourrure, pas de crocs, rien qu’une aiguille hypodermique ailée. Sa longueur dépasse à peine cinq millimètres, elle a six pattes, et c’est le vecteur de maladies le plus efficace de tout le règne animal. C’est grâce à son odorat qu’elle nous repère, attirée par l’acide lactique et d’autres ingrédients de notre transpiration. Elle sent aussi le dioxyde de carbone que nous expirons et arrive jusqu’à notre visage en remontant le sillage de notre respiration. Plus on sue et plus on halète en la chassant, plus on l’intéresse. Slate.fr

Un élixir miracle contre l’obésité

Mardi 31 août 2010 à 9h04

Un élixir miracle contre l’obésité

Des chercheurs américains viennent enfin de découvrir le remède qui fait maigrir. L’eau!

– Finbarr O’Reilly / Reuters –

Les études les plus simples peuvent ne pas être les moins inintéressantes. C’est aujourd’hui le cas avec cet étonnant travail présenté il y a quelques jours outre-Atlantique dans le cadre du meeting annuel de la Société américaine de chimie qui se tenait à Boston; un travail dont The Economist vient de se faire l’écho.

Je bois, j’ai moins faim

Cette recherche a été menée sous l’autorité du Pr Brenda Davy (Virginia Tech). Cette spécialiste de diététique est passionnée par tout ce qui a trait au contrôle de l’appétit, à la gestion du poids et à la prévention de l’obésité au moyen de règles simples et peu coûteuses; autant dire des recherches essentielles dans un pays –les Etats-Unis– qui prend progressivement conscience du fléau croissant, médico-social et économique que constitue l’obésité.

Le Pr Davy est bien loin des préoccupations sophistiquées de ses collègues, généralement très bien alimentés par les multinationales de l’industrie pharmaceutiques soucieuses de trouver «la» molécule qui fera maigrir sans danger; molécule miracle qui reste toujours à découvrir après des décennies d’échecs successifs. L’un de ses thèmes favoris de recherche est de vérifier scientifiquement ce qu’il en est de ce serpent de mer qui voudrait que boire (de l’eau) avant les repas est une pratique qui aide à perdre du poids. Elle était sur ce point déjà arrivée à des conclusions intéressantes en s’intéressant à des personnes obèses et au breakfast.

A Boston, elle a actualisé les derniers résultats qu’elle a pu obtenir sur le long terme après un travail publié au début de cette année. Son étude a porté sur 48 adultes «inactifs», âgés de 55 à 75 ans. Tous souffraient de surpoids et étaient volontaires pour suivre un régime hypocalorique assez drastique: 1.200 calories quotidiennes pour les femmes; 1.500 pour les hommes. Les personnes consommaient auparavant respectivement 1.800 et 2.200 calories. Deux groupes ont été constitués par tirage au sort. Les membres du  premier s’engageaient à boire un demi-litre d’eau avant chacun des trois repas quotidiens. Ceux du second ne modifiaient en rien leurs habitudes et restaient sobres. Une expérience, au total, qui dura douze semaines.

A l’arrivée, les premiers avaient perdus en moyenne 7kg et les seconds 5kg; et une différence pondérale qui, assure le Pr Davy, demeure avec un an de recul et ce alors que les 48 volontaires ne sont plus astreints à suivre de régime. Comment comprendre? Pour la spécialiste américaine –qui réfute les critiques méthodologiques qui lui sont faites–  le fait de remplir l’estomac d’un demi-litre d’eau avant chacun des trois repas quotidiens est de nature à réduire «mécaniquement» la sensation de faim et donc la prise de nourriture et de calories. Ceci pourrait aussi peut-être réduire la sensation de soif et donc la consommation de sodas sucrés. Mais l’affaire est peut-être plus complexe, comme en témoigne le maintien des différences entre les deux groupes sur le long terme. Mieux: les personnes du premier groupe ont –volontairement– continué la pratique de l’hydratation avant les repas et perdu en moyenne 700 grammes supplémentaires.

Qui pour sponsoriser l’eau?

Lors de la publication des premiers résultats du Pr Davy certains  nutritionnistes avaient formulé une série de critiques. Ils faisaient notamment observer que l’on mange  peut-être moins quand on a de l’eau dans l’estomac, mais que cette eau est rapidement éliminée et quelques heures plus tard, la sensation de faim peut alors réapparaître. Ces nutritionnistes rappelaient alors aux personnes qui veulent perdre du poids de consommer au début du repas des aliments riches en eau (crudités ou une soupe) en postulant que cette eau est éliminée moins rapidement que celle qui est bue. Mais un an plus tard, ces critiques semblent avoir perdu bien de leur consistance.

Et force est bien de constater que nous sommes ici dans une situation paradoxale. Alors que la moindre étude concernant les bénéfices supposés de tel ou tel médicament anorexigène  est amplement médiatisée (avant qu’on en découvre les limites et les effets secondaires) les résultats de l’équipe du Pr Davy ne semblent guère mobiliser l’attention; ni celle des médias, ni celle des autorités sanitaires. Pourquoi, au vu des enjeux de santé publique (et, ici, de l’exceptionnel  rapport coût-efficacité)  ne pas aller plus loin, travailler à d’autres échelles, mener de plus vastes études auprès de volontaires souffrant de surpoids? Et si le fait est prouvé, pourquoi ne pas diffuser largement un message publicitaire on ne peut plus simple sur le thème «boire de l’eau avant les repas aide à maigrir».

On ne trouvera bien évidemment aucun sponsor pharmaceutique pour financer de telles études. Mais des solutions peuvent être trouvées: celle du Pr Davy a été soutenue par l’Institute for Public Health and Water Research, une organisation indépendante et à but non-lucratif qui vise à améliorer la santé publique à travers le monde via la consommation d’eaux potables de qualité; une organisation elle-même financée par la Brita Products Company, spécialisée dans la fabrication des systèmes de purification des eaux.

Jean-Yves Nau

Photo: Finbarr O’Reilly / Reuters

L’AUTEUR Jean-Yves Nau Journaliste et docteur en médecine, Jean-Yves Nau a été en charge des questions de médecine, de biologie et de bioéthique au Monde pendant 30 ans. Il est notamment le co-auteur de «Bioéthique, Avis de tempête».

Source : http://www.slate.fr/story/26557/obesite-remede-miracle-elixir

Histoire du moustique

Mardi 31 août 2010 à 10h13

Histoire du moustique

L’animal le plus mortel pour l’homme.

– Aedes aegypti / James Gathany –

Les professeurs de biologie demandent souvent quel est animal qui tue le plus de gens. Leurs pauvres élèves se ridiculisent en s’écriant «l’ours gris!», «le tigre!», «le cobra !» ou même «l’hippopotame!». La bonne réponse, bien sûr, c’est le moustique femelle –pas de fourrure, pas de crocs, rien qu’une aiguille hypodermique ailée. Sa longueur dépasse à peine cinq millimètres, elle a six pattes, et c’est le vecteur de maladies le plus efficace de tout le règne animal. C’est grâce à son odorat qu’elle nous repère, attirée par l’acide lactique et d’autres ingrédients de notre transpiration. Elle sent aussi le dioxyde de carbone que nous expirons et arrive jusqu’à notre visage en remontant le sillage de notre respiration. Plus on sue et plus on halète en la chassant, plus on l’intéresse.

La plupart ne boivent pas de sang

Son apparence n’est pas répugnante. Au contraire, sa petite taille, ses lignes pures, la longueur de ses pattes et sa fragilité lui donnent une certaine élégance. On serait même prêt à lui donner un millilitre de sang, malgré la démangeaison qui accompagne sa piqûre, si on ne s’inquiétait pas de ce qu’elle peut transmettre. Parmi les nombreux agents pathogènes qu’un moustique peut véhiculer, le pire est le paludisme, qui tue chaque année plus d’un million de personnes, dont les deux tiers se trouvent en Afrique sub-saharienne, pour la plupart des enfants de moins de 5 ans.

Tenter de donner une meilleure réputation à une telle créature n’a pas de sens. Personne n’aime les moustiques, ni les amis de ces insectes. Pourtant, il est injuste de dire indistinctement du mal des 2.600 espèces de moustiques déjà décrites. Parce qu’il n’y en a qu’environ 80, soit 3%, qui boivent du sang humain. Sur les 2.520 variétés de moustiques relativement irréprochables, il y en a même une qu’on aimerait voir en expansion: celle des Toxorhynchites, qui mangent d’autres moustiques. A l’état de larves, les Toxorhynchites dévorent leurs cousins, puis s’en prennent à leurs frères et sœurs, continuant souvent à les attaquer jusqu’à ce qu’il n’en reste qu’un seul. Ce drame se déroule dans une minuscule nappe d’eau qui s’accumule au creux d’un arbre ou une petite flaque du même genre. Ces moustiques, y compris l’Aedes, qui transmet des maladies, se sont adaptés à l’environnement industriel et se reproduisent dans des pneus usagés. Comme le savent tous ceux qui ont essayé, il est très difficile d’évacuer l’eau d’un pneu.

Même les moustiques qui se nourrissent de sang n’en ont pas besoin à chaque repas. En fait, ils puisent l’essentiel de leur énergie dans les fleurs et les plantes, auxquelles ils sont utiles en les pollinisant. Le moustique mâle, innocent mis à part le rôle qu’il joue en produisant davantage de femelles, se nourrit en se contentant exclusivement de nectar ainsi que de fluides issus des plantes. Une sorte de moustique qui ne s’intéresse pas à nous est le principal pollinisateur d’une orchidée assez jolie, la platanthère à feuilles obtuses, qui pousse dans les marécages des forêts de l’hémisphère nord. Un autre moustique pollinise la Platanthera integrilabia, une espèce en voie de disparition originaire des Appalaches.

Pourquoi tous les moustiques ne peuvent-ils pas être végétariens? Il y a des millions d’années ou davantage, un moustique primitif, peut-être presbyte, a pu confondre un végétal et un mammifère qu’il a piqué accidentellement, ce qui lui a donné le goût du sang. A présent, les femelles de ces 80 espèces dangereuses ont évolué, comme les tiques, et utilisent du sang pour produire des œufs. Le bourdonnement décidé qu’on entend à l’extérieur (ou à l’intérieur) d’une tente de camping et lié à la survie d’une race animale. Le sang des mammifères contient un mélange très riche de protéines, de fer, de graisses et de sucre qui déclenche le fonctionnement des ovaires d’une femelle de moustique. En 90 secondes à peine, elle peut aspirer jusqu’à trois fois son poids de sang.

Pour accomplir cet exploit, elle se sert de sa trompe. Les ciseaux rudimentaires de ses ancêtres, les moucherons, se sont agrandis et développés sur des générations pour devenir un outil efficace permettant de percer la peau et de boire le sang. Cette trompe est faite de deux tubes entourés par des paires de lames coupantes. Quand elle se pose pour se nourrir, les arêtes tranchantes glissent l’une contre l’autre, comme celles d’un couteau électrique à découper, et fendent la peau. Pendant qu’elle cherche un petit vaisseau sanguin pour l’entailler, son tube salivaire injecte un anticoagulant dans l’étroit tube aspirateur pour éviter qu’il ne se bouche. Les protéines de sa salive provoquent une réaction de notre système immunitaire –une enflure et une démangeaison. Tous les organismes pathogènes qu’elle transporte traversent ses glandes salivaires. A la suite d’un saut diabolique de l’évolution des espèces, les parasites responsables du paludisme qui se multiplient dans l’intestin de l’anophèle perturbent l’organe qui sécrète l’anticoagulant. Leur porteuse doit donc piquer d’autres victimes pour boire la même quantité de sang, et le plasmodium prospère.

Les premiers moustiques sont apparus il y a plus de 200 millions d’années. Ils buvaient probablement le nectar des nouvelles plantes qui fleurissaient ou le sang des dinosaures. (Dans le film Jurassic Park, on a extrait de l’ADN de dinosaure d’un moustique pris dans de l’ambre.) Ils ont dû être vraiment ravis lorsque nous sommes arrivés, environ 190 millions d’années plus tard, presque sans fourrure et avec une peau relativement tendre. Lucy et sa famille d’Afrique orientale ont très certainement souffert de fièvres provoquées par des germes que véhiculaient des moustiques.

Ensuite, comme maintenant, les moustiques se sont multipliés dans l’eau stagnante. Et bien trop vite: l’œuf de cet insecte buveur de sang peut donner un adulte en cinq jours seulement –et ces œufs sont très nombreux. Le moustique porteur du paludisme en pond plusieurs centaines, un par un; d’autres espèces en font des quantités à la fois. Le vivier qui leur sert de piscine n’est sans doute pas plus grand qu’un vieux gobelet en carton ou un couvercle de pot de confiture et il peut être très sale –de l’eau des égouts, par exemple. Une larve de moustique, longue d’environ huit millimètres, ressemble à un teckel aquatique à poils durs ou, si vous préférez, à un asticot velu. Sa tête et son corps sont suspendus à un tube respiratoire qui monte à la surface de l’eau. Au fur et à mesure que ce tuba aspire l’air, des cils filtrent l’eau à la recherche de protozoaires et de bactéries.

Les poissons sont nos amis

L’accouplement d’un moustique néo-zélandais correspond exactement à la définition de la rapacité. Une fois que les larves sont devenues des chrysalides en forme de virgule, les mâles adultes s’approchent et attendent que d’autres femelles éclosent. Dès que l’une d’elles apparaît, un mâle arrive et s’accouple avec elle avant que ses ailes ne soient assez sèches pour lui permettre de s’échapper. Il existe un autre rituel d’accouplement, plus courant et plus libre: les moustiques mâles se rassemblent et forment un nuage. Les femelles choisissent d’y entrer ou non.

Nos alliés vivants dans la lutte contre les moustiques sont principalement les poissons qui mangent leurs larves. A ce titre, on peut remercier le piranha et la gambusie. Les larves de libellules dévorent les larves de moustiques et les libellules adultes se nourrissent de moustiques adultes. Pour leur part, les chauves-souris ont une réputation meilleure que ce qu’elles méritent. En réalité, les moustiques représentent moins de 1% de l’alimentation des chauves-souris. C’est aussi vrai de l’hirondelle noire, même si on l’apprécie.

Si les chauves-souris, les oiseaux et les insecticides pouvaient éliminer tous les moustiques, ce qui est impossible, les exterminer ne serait pourtant pas une bonne idée. Leurs innombrables larves nourrissent les petits poissons, mangés à leur tour par les gros poissons, qui constituent la principale source de protéines dans de nombreux pays en développement.

Naturellement, nous portons un regard anthropocentrique sur les moustiques. On s’en préoccupe parce que ce sont les plus mortels ennemis de l’homme. Il vaut peut-être la peine de penser à la vie en prenant le point de vue de cet insecte. La vie d’un moustique femelle, qui dure trois à six semaines, est loin d’être une partie de plaisir. Boire du sang n’est pas facile; plus elle met de temps à trouver un vaisseau sanguin, plus elle risque d’être écrasée. Et après tout, elle n’a pas choisi de véhiculer tous ces parasites mortels. Où les trouve-t-elle? Chez nous, tout simplement.

Nous avons passé les cinquante dernières années à chercher un vaccin contre le paludisme, ce qui nous éviterait de le transmettre aux moustiques et de l’attraper à cause d’eux. Il peut être plus logique de les aider à résister à cette maladie. On a récemment achevé le séquençage du génome de deux des espèces les plus dangereuses de moustiques. Au lieu d’utiliser ces connaissances pour mieux les anéantir, pourquoi ne pas s’en servir pour renforcer leur système immunitaire? On se résignerait aux enflures et aux démangeaisons si on était sûr de ne pas avoir de fièvre ensuite.

Constance Casey

Traduit par Micha Cziffra

Photo: Aedes aegypti / James Gathany / Domaine public

L’AUTEUR Constance Casey Constance Casey est une ancienne journaliste qui a aussi été jardinière au Service des parcs de New York. Elle tient aujourd’hui le blog Observant Garderner.

Source : http://www.slate.fr/story/26589/moustique-mortel-aiguille-volante

Pour la rentrée, 10 bêtises à faire à l’école (ou pas)

Pour la rentrée, 10 bêtises à faire à l’école (ou pas)

SpirouPetitDoigt

Les vacances finies, c’est la rentrée pour quelques 12 millions d’élèves français. Un moment pas forcément agréable, car si on retrouve les copains/copines à qui on raconte ses vacances, on retrouve aussi le prof de mathématiques détesté ou les interminables leçons de Latin. Pour faire passer la pilule, rien de tel que d’ouvrir quelques bonnes bandes dessinées, surtout qu’on y trouve une foule d’exemples de bêtises à faire à l’école. Des petites broutilles qui font passer l’année scolaire plus vite aux grandes conneries qui marquent à vie.

  • Copier sur ses petits camarades (Ducobu,)

Qui n’a jamais copié ? Tout le monde, évidemment, à moins d’avoir toujours été le (ou la) meilleur élève. C’est le gag récurrent dans les albums de l’élève Ducobu : réussir à copier, par tous les moyens, sur sa copine de classe, la binoclarde aux longues nattes noires. On ne lui jettera pas la première pierre.

Extrait de Un copieur sachant copier

  • Refuser d’être dans un binôme (Titeuf)

Pour disséquer une grenouille, réaliser une improbable expérience sur l’électricité ou préparer un exposé ennuyeux, il est souvent demandé de se mettre en groupe de deux. Trop souvent à en croire Titeuf. Il faut dire qu’il a le chic pour tomber sur les mauvais partenaires. Mais le héros à la banane jaune croit tenir le bon tuyau : demander à aller aux toilettes pour se retrouver tout seul. Grave erreur…

Titeuf - T11 - Mes meilleurs copains - 24

(Extrait de Mes Meilleurs Copains)

  • Oublier la date de la bataille de Gergovie (Astérix)

A chaque rentrée, dans le petit village gaulois que l’on connaît bien, le même rituel se met en place: Astérix et Obélix partent à la chasse aux petits cancres tentés par l’école buissonnière. Avec l’expérience acquise en pourchassant les sangliers dans la forêt, nos deux héros ne tardent jamais à mettre la main sur les tire-au-flanc. Mais quand ceux-ci demandent à Panoramix pourquoi Astérix et Obélix ne vont plus à l’école, les ennuis commencent. Le druide explique que c’est parce que les deux adultes ont déjà acquis les connaissances qu’il enseigne, et tente une démonstration en demandant à Obélix la date de la bataille de Gergovie. “MDXV” tente-t-il. Manqué, c’est Marignan. Du coup Obélix reprend des cours…

(Extrait de Astérix et la rentrée gauloise)


  • Fantasmer sur sa prof (Le Petit Spirou)

Avant Titeuf, le premier des pervers en culotte courte fut le Petit Spirou. Alors que Cédric est obsédé mais reste très platonique vis à vis de Chan, Spirou ne pense qu’au touche pipi avec Suzette ou bien il fantasme sur ses profs. Sur Mademoiselle Chiffre évidemment, mais aussi sur ses remplaçantes. Mais pourquoi donc, au lieu de choisir le petit garçon, elle préfère ce petit prof sans intérêt ? Cela reste un grand mystère.

(Extrait de Bien fait pour toi)

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