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Faux débutants

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU,VU&ENTENDU

ECONOMIE – 5 septembre 2010 à 17h28

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU SUR…

«Ils pensent que vous devriez travailler plus longtemps. Pourquoi cela ne nous aidera pas.» Est-ce le titre d’une tribune de Bernard Thibault, François Chérèque ou Jean-Claude Mailly? Pas du tout. Cette chronique est parue dans le Washington Post, sous la signature d’Ezra Klein.

Le jeune journaliste américain nous permet de mesurer que le débat sur l’âge de la retraite est loin d’être franco-français.

«Il y a beaucoup de choses que le Congrès ne sait pas en ce moment. Que faire au sujet des emplois, par exemple. Qui va diriger la Chambre en janvier. Comment faire pour équilibrer le budget. Mais il y a une chose sur laquelle les deux partis semblent de plus en plus d’accord: vous devriez travailler plus longtemps.»

Outre-Atlantique, le raisonnement est le même qu’en France: les gens vivent plus longtemps, il est donc logique qu’ils travaillent plus longtemps. Mais, pour Ezra Klein, ce n’est peut-être pas si «logique». Il relève que ce point de vue est partagé par les hommes politiques –qui aiment leur travail et ne veulent pas s’arrêter– et les journalistes et chroniqueurs –qui aiment leur métier et ne veulent pas s’arrêter.

«Mais la plupart des gens ne travaillent pas au Congrès ou dans les médias. Ils travaillent sur leurs pieds. Ils en ont plein le dos. Ils s’ennuient ferme à la fin de leur journée. Au moment où ils sont atteignent 60 ans, ils veulent prendre leur retraite.»

Aux Etats-Unis, les salariés perçoivent une retraite par le biais du régime de base, baptisé Social Security, qu’ils complètent notamment avec des régimes professionnels. Mais le régime de base est majoritaire, il concerne 90% des retraités américains. Depuis la réforme de 1983 menée sous Ronald Reagan par Alan Greenspan, avant qu’il ne dirige la Fed, l’âge de la retraite à taux plein a été relevé progressivement. Pierre-Yves Dugua, sur son blog, expliquait en juin:

«Aujourd’hui un Américain à partir de 62 ans peut toujours prendre sa retraite. Mais il ne percevra qu’une partie de sa pension au titre de “Social Security”. Plus il diffère sa retraite, plus sa pension sera élevée. En 2026, l’âge à partir duquel l’Américain pourra profiter de 100% de cette pension publique sera de 67 ans.»

Le régime américain est également confronté à un manque de ressources. Mais, explique Klein, «le problème n’est pas que la Social Security dépense trop d’argent ou que nous vivions trop longtemps. Le problème, c’est que nous n’avons pas assez d’enfants (ou pas assez d’immigrants)». Le chroniqueur chiffre le coût du sauvetage du système: 0,7% du PIB jusqu’en 2035. Soit «à peu près ce que coûteront les coupes dans les impôts pour les riches accordées par George W. Bush sur la même période».

Surtout, Ezra Klein contredit l’évidence qui voudrait que tous les Américains vivent plus longtemps. Il compare l’espérance de vie en 1935 (date de la création de Social Security) et de nos jours.

«Si vous étiez un homme blanc de 60 ans en 1935, vous pouviez espérer vivre 15 ans de plus. Si vous êtes un homme blanc de 60 ans aujourd’hui, vous pouvez espérer vivre 20 ans de plus.»

Et le système reflète les inégalités sociales:

«En 1972, un travailleur de 60 ans de sexe masculin qui gagnait moins que le revenu médian avait une espérance de vie de 78 ans. En 2001, il avait une espérance de vie de 80 ans. Pendant ce temps, les travailleurs situés dans la tranche supérieure passaient de 79 ans à 85 ans. Dans la mesure où l’argument de relever l’âge de la retraite est que “les bénéficiaires de la sécurité sociale vivent beaucoup plus longtemps aujourd’hui qu’en 1935″, il devrait être reformulé ainsi: “les bénéficiaires de Social Security ont tendance à vivre un peu plus aujourd’hui qu’ils ne le faisaient en 1935, et c’est beaucoup plus vrai pour les bénéficiaires riches que pour les pauvres”.»

Photo: Reuters

Source : http://www.slate.fr/lien/26853/ils-veulent-vous-faire-travailler-plus-longtemps-ils-ont-tort

La tête bien faite des strip-teaseuses anglaises

Vous 31/08/2010 à 00h00

La tête bien faite des strip-teaseuses anglaises

Effeuiller les strip-teaseuses. Telle est la noble tâche que vient d’accomplir une équipe de chercheurs britanniques de l’université de Leeds. Et alors ? Surprise. Une stripteaseuse (britannique) sur quatre a un diplôme universitaire, révèle cette première étude académique basée sur 300 interviews de danseuses et publiée par The Independent. D’après les chercheurs, manque d’éducation, drogue et coercition sont loin d’être les raisons principales qui poussent des jeunes filles à choisir cette carrière. Mais plutôt les horaires et les revenus faciles. Et d’ajouter, «ces femmes assument leur corps de manière incroyable. Il y a comme une différence culturelle générationnelle. Ces jeunes femmes ne se considèrent pas comme exploitées parce qu’elles gagnent de l’argent en dansant trois minutes et en discutant un peu».

Dormir sept heures ni plus ni moins

Dormir sept heures ni plus ni moins

LEMONDE | 03.08.10 | 16h23  •  Mis à jour le 03.08.10 | 16h23

Selon une étude américaine, dormir sept heures, ni plus ni moins, garantirait une bonne santé.

BOLCINA JIMMY/PHOTO NEWS

Selon une étude américaine, dormir sept heures, ni plus ni moins, garantirait une bonne santé.

Rien de tel qu’une bonne nuit et un sommeil réparateur pour être en parfaite santé… A condition toutefois d’être fidèle au chiffre magique, “7”, le nombre d’heures de repos préconisé par des chercheurs américains. Selon une étude publiée le 1er août dans la revue Sleep, les risques de maladies cardiovasculaires augmenteraient aussi bien lorsque l’on dort plus de sept heures que moins de sept heures.

Plus précisément, cette étude menée par une équipe de la faculté de médecine de l’université de Virginie-Occidentale (West Virginia University, WWU) dirigée par le professeur Anoop Shankar révèle que dormir moins de cinq heures (siestes incluses) multiplie par deux les risques d’infarctus, d’angines et d’insuffisances coronariennes. Le groupe de population le plus exposé est celui des moins de 60 ans dormant moins de cinq heures par nuit, souligne l’étude.

Plus surprenant, les gros dormeurs mettent leur santé en péril. En s’accordant régulièrement plus de neuf heures de repos par nuit, ils augmentent les risques de maladies cardiovasculaires dans une proportion importante : trois fois plus que la population qui cale son réveil sur le nombre magique de sept heures par nuit.

En analysant les données d’un questionnaire réalisé auprès de 30 000 adultes, les chercheurs de WWU ont observé que les excès de sommeil pouvaient affecter les glandes endocrines et avoir un impact sur les fonctions métaboliques. “C’est une donnée extrêmement importante, explique le docteur Arnaud Metlaine, praticien hospitalier et spécialiste du sommeil au centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu, à Paris, qui confirme des études précédentes.” “Il faut multiplier les travaux dans ce domaine afin d’insister sur ce grand enjeu de santé publique que sont les fortes variations du sommeil, alerte le docteur. La nouvelle organisation du temps de travail semble générer de plus grandes privations de sommeil avec une tendance de récupération excessive qui s’avère également dangereuse pour la santé.” Et le praticien de s’alarmer du temps de sommeil de certains adolescents, qui passent une bonne partie de la nuit à jouer aux jeux vidéo ou à surfer sur Internet.

Le professeur Yvan Touitou, spécialiste en chronobiologie à la Fondation Rothschild, à Paris, accueille avec satisfaction cette étude américaine dont il ne connaît, pour le moment, que les grandes lignes. “Toutes les recherches épidémiologiques sont intéressantes, car elles apportent des notions nouvelles dans un domaine essentiel à la santé. L’alternance veille et sommeil constitue un élément clé de resynchronisation, qui exerce une sorte de calage de notre horloge biologique, poursuit le professeur Touitou. Lorsque nous avons un décalage, il s’opère des désynchronisations qui conduisent à un certain nombre de dérèglements.”

Le chronobiologiste invite toutefois à considérer ces nouvelles données avec prudence, car il convient également de prendre en compte la typologie personnelle. “Certaines personnes sont de gros dormeurs et d’autres pas, certains sont du soir et d’autres du matin. Cela n’en fait pas nécessairement des personnes à risque élevé.” Il revient à chacun de trouver son propre rythme et de le privilégier le plus régulièrement possible.

Mélina Gazsi
Article paru dans l’édition du 04.08.10.

Dormir sept heures ni plus ni moins

Dormir sept heures ni plus ni moins

LEMONDE | 03.08.10 | 16h23  •  Mis à jour le 03.08.10 | 16h23
Selon une étude américaine, dormir sept heures, ni plus ni moins, garantirait une bonne santé.

BOLCINA JIMMY/PHOTO NEWS
Selon une étude américaine, dormir sept heures, ni plus ni moins, garantirait une bonne santé.

Rien de tel qu’une bonne nuit et un sommeil réparateur pour être en parfaite santé… A condition toutefois d’être fidèle au chiffre magique, “7”, le nombre d’heures de repos préconisé par des chercheurs américains. Selon une étude publiée le 1er août dans la revue Sleep, les risques de maladies cardiovasculaires augmenteraient aussi bien lorsque l’on dort plus de sept heures que moins de sept heures.

Plus précisément, cette étude menée par une équipe de la faculté de médecine de l’université de Virginie-Occidentale (West Virginia University, WWU) dirigée par le professeur Anoop Shankar révèle que dormir moins de cinq heures (siestes incluses) multiplie par deux les risques d’infarctus, d’angines et d’insuffisances coronariennes. Le groupe de population le plus exposé est celui des moins de 60 ans dormant moins de cinq heures par nuit, souligne l’étude.

Plus surprenant, les gros dormeurs mettent leur santé en péril. En s’accordant régulièrement plus de neuf heures de repos par nuit, ils augmentent les risques de maladies cardiovasculaires dans une proportion importante : trois fois plus que la population qui cale son réveil sur le nombre magique de sept heures par nuit.

En analysant les données d’un questionnaire réalisé auprès de 30 000 adultes, les chercheurs de WWU ont observé que les excès de sommeil pouvaient affecter les glandes endocrines et avoir un impact sur les fonctions métaboliques. “C’est une donnée extrêmement importante, explique le docteur Arnaud Metlaine, praticien hospitalier et spécialiste du sommeil au centre du sommeil de l’Hôtel-Dieu, à Paris, qui confirme des études précédentes.” “Il faut multiplier les travaux dans ce domaine afin d’insister sur ce grand enjeu de santé publique que sont les fortes variations du sommeil, alerte le docteur. La nouvelle organisation du temps de travail semble générer de plus grandes privations de sommeil avec une tendance de récupération excessive qui s’avère également dangereuse pour la santé.” Et le praticien de s’alarmer du temps de sommeil de certains adolescents, qui passent une bonne partie de la nuit à jouer aux jeux vidéo ou à surfer sur Internet.

Le professeur Yvan Touitou, spécialiste en chronobiologie à la Fondation Rothschild, à Paris, accueille avec satisfaction cette étude américaine dont il ne connaît, pour le moment, que les grandes lignes. “Toutes les recherches épidémiologiques sont intéressantes, car elles apportent des notions nouvelles dans un domaine essentiel à la santé. L’alternance veille et sommeil constitue un élément clé de resynchronisation, qui exerce une sorte de calage de notre horloge biologique, poursuit le professeur Touitou. Lorsque nous avons un décalage, il s’opère des désynchronisations qui conduisent à un certain nombre de dérèglements.”

Le chronobiologiste invite toutefois à considérer ces nouvelles données avec prudence, car il convient également de prendre en compte la typologie personnelle. “Certaines personnes sont de gros dormeurs et d’autres pas, certains sont du soir et d’autres du matin. Cela n’en fait pas nécessairement des personnes à risque élevé.” Il revient à chacun de trouver son propre rythme et de le privilégier le plus régulièrement possible.

Mélina Gazsi
Article paru dans l’édition du 04.08.10.
Source : Le Monde : http://abonnes.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2010/08/03/dormir-sept-heures-ni-plus-ni-moins_1395214_3238.html