Vidéo – Le dollar

L’ECONOMIE AMERICAINE – ECO DICO :

Le Dollar

 

Le dollar roi des devises ?

Eric VERGNAUD – Direction des Etudes Economiques :
Oui le dollar est toujours la première des devises que ce soit en matière
d’échanges internationaux, de montant des réserves de changes.
Le dollar c’est la devise qui est la plus échangée, sur tous les marchés.
La parité euro/dollar est la parité la plus traitée.
En tous cas la caractéristique du dollar, c’est d’être la devise d’une zone
économique qui dépasse largement les seuls Etats-Unis.
En effet compte-tenu du fait que les transactions internationales sont
à 75/80 % libellées en dollars et que de nombreux pays, même s’ils
n’utilisent pas le dollar ont une devise qui est liée par un mécanisme plus
ou moins compliqué, mais disons simplement qu’ils sont liés à la valeur du
dollar, on a une sorte de ce qu’on peut appeler une zone dollar.

L’euro face au dollar

Eric VERGNAUD – Direction des Etudes Economiques :
L’émergence parmi les devises internationales d’un véritable concurrent,
un véritable second qu’est l’euro, qui a réussi à prendre la place,
même un tout petit peu plus, que la place qui était auparavant occupée par
toutes les devises composantes de l’euro, c’est à dire le mark, le franc
français, le franc belge, la lire italienne, la peseta espagnole, etc.
Donc ce n’était pas gagné au départ. La différence avec la situation
d’avant l’émergence de l’euro, c’est que le dollar a face à lui une
véritable devise internationale. Mais le dollar reste la première devise
internationale.

Philippe d’ARVISENET – Direction des Etudes Economiques :
La seule chose qui bénéficie encore largement au dollar, c’est le fait
qu’elle reste une monnaie prépondérante dans la facturation d’un certain
nombre de choses, les matières premières, par exemple, ou le commerce
extérieur d’un certain nombre de pays, qui restent en dollar.
Mais peu à peu ça baisse, parce que par exemple certains pays d’Europe de
l’Est sont de plus en plus intéressés à passer à l’euro, de ce point de
vue là.

La baisse du dollar

Eric VERGNAUD – Direction des Etudes Economiques : 
Jusqu’à la phase récente, d’envolée des prix du pétrole et d’envolée des
prix alimentaires, elle commençait à avoir des aspects positifs en matière
de relance des exportations.
Mais voilà, à peine les premiers chiffres ont montré que ça allait mieux
du côté des exportations, probablement grâce à cette forte baisse du
dollar, que les pressions inflationnistes importées deviennent un problème.
Elles seraient devenues un problème à terme mais elles le deviennent
beaucoup plus rapidement parce qu’il y a cette poussée des prix du pétrole.

 

Avantage pour les USA : l’investissement étranger
est favorisé

Eric VERGNAUD – Direction des Etudes Economiques :
Mais, il y a aussi des avantages Quand vous voulez que l’on vienne investir
chez vous, c’est vrai que si l’investissement coûte un petit peu moins cher
qu’il n’a coûté il y a un an, et l’on pense que finalement ça peut être une
bonne affaire, ça peut attirer des capitaux.
Le risque, c’est que se met en place dans l’esprit des investisseurs,
l’idée que c’est plus bas aujourd’hui qu’hier, mais c’est plus haut
aujourd’hui que demain.

L’avenir du Dollar

Eric VERGNAUD – Direction des Etudes Economique :
L’ensemble des prévisions pour les deux ou trois ans qui viennent sont
plutôt orientées dans le sens d’un regain du dollar, par rapport à l’euro
par exemple.
Donc, pas de danger pour la suprématie du dollar.
Philippe d’ARVISENET – Direction des Etudes Economiques :
Ce n’est pas avant des dizaines et des dizaines d’années que le yuan
prendrala place du dollar, si jamais ça se produit en matière de
monnaie numéro un. On en est extrêmement loin.

Les contractions orales

Pour parler comme un vrai français …

La négation : Suppression systématique du “NE” à l’oral

Forme écrite

Forme orale

Je ne viens pas demain

Je viens pas demain.

Je n’y vais pas

J’y vais pas.

Il n’en veut pas

Il en veut pas

Tu n’aimes pas ?

T’aimes pas ? (+élision orale du “Tu”)

Ce n’est pas grave

C’est pas grave

Je n’y crois pas !

J’y crois pas !

 

Contraction de mots:

 

Forme écrite

Forme orale

Je

ch’ (avant une consonne)

Ch’pars demain.

Tu

T’ (élision avant une voyelle)

T’exagères !

Il

i (avant une consonne)

i veut v’nir avec nous.

Ils

Iz (Avant une voyelle) i (avant une consonne)

Iz aiment les moules ? I viennent pas ?

Elles

Ez (avant une voyelle) è (avant une consonne)

Ez adorent le rose. / è pense à rien.

Plus

Pu

J’en peux pu

Réfléchis : me / te / se /

m’/t’/s’ (avant une consonne)

À quelle heure tu t’lèves ?

Article : Le

L’(avant une consonne)

Tu fais l’café ? / Il n’ aime pas l’café

Il est deux heures moins l’quart.

Préposition : De

D’ (avant une consonne)

Il n’a pas d’chance. (prononcer “pat”)

Pronom relatif : Qui

Qu’ (avant une voyelle)

Il y a quelqu’un qu’est venu ?

 

Suppression de lettres dans des mots :

Forme écrite

Forme orale

Revenir / recommencer / refaire etc.

(Re ⇒ R’)

R’venir / r’commencer / r’faire etc.

Quand est-ce que tu r’viens ?

Monsieur / Madame

M’sieur / M’dame

Bonjour M’sieur Dupont !

Quatre

kat

I marche à kat pattes.

 

Le passé composé :

Forme écrite

Forme orale

Je suis / Je ne suis pas

Chui / Chuipa

Chui allé la voir hier !

Tu es / Tu n’es pas

Té / tépa

Tépa encore partie ?

Ils sont / Ils ne sont pas

isson / issonpa

Issonpa contents !

Elles sont / Elles ne sont pas

esson / essonpa

Esson pas encore arrivées.

Tu as / Tu n’as pas

Ta / Tapa

Tapa vu mes clés ?

Ils ont / ils n’ont pas

Elles ont / Elles ont pas

Izon / Izonpa

Ézon /Ezonpa

Ézonpa compris ce que voulais dire.

 

Il y a

Forme écrite

Forme orale

Il y a / Il n’y a pas / Il n’y a plus / Il n’y en a plus

Ya / Yapa / Yapu / Yanapu

Ya eu un terrible accident sur la route.

 

Qu’est-ce que / Est-ce que / Parce que

 

Qu’est-ce que tu dis ?

Kes tu dis ?

Qu’est-ce qu’il fait ?

Keski fait ?

Est-ce qu’il vient ?

Eski vient ?

Il vient parce que je suis là.

I vient paske chui là.

 

 

Exemples de contractions multiples

 

Tu n’en a pas

T’en a pas ?

Je ne sais pas

Ch’sais pas

Ce n’est pas grave je te dis.

C’est pas grave ch’te dit.

Elle ne peut pas venir.

É peut pas v’nir.

Tu te fous de moi ?

Tu t’fous d’moi ?

Je n’ai pas pu faire quoi que ce soit.

J’ai pas pu faire quoi qu’ce soit.

Ils n’ont pas terminé parce qu’ils n’ont pas eu le
temps.

I n’ont pas terminé pask’ izon pas eu
l’temps.

 

Quelques expressions orales bien française  (mais à éviter)

  • Ben …
  • Euh …
  • En fait …
  • Bon, donc, alors ..
  • Bien …
  • Où j’en étais ?
  • Ben euh …
  • Ben en fait …
  • Et tout …
  • Enfin

 

 

«Les profs consacrent souvent plus de temps aux garçons»

«Les profs consacrent souvent plus de temps aux garçons»

Mots clés : MixitéÉcoleInégalitésFRANCE

Par Marion Brunet
01/09/2010 | Mise à jour : 15:35

Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons, selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

INTERVIEW – Selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), la mixité à l’école engendre des inégalités entre garçons et filles. La sociologue à l’origine du rapport, Marie Duru-Bellat, explique au Figaro.fr ce phénomène.

LEFIGARO.FR – Vous révélez dans votre étude que les enseignants consacrent environ 44 % de leur temps aux filles, contre 56 % aux garçons. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ?

Marie DURU-BELLAT – L’une des principales raisons est que les élèves garçons prennent davantage la parole, font plus de chahut dans une classe. Les professeurs, soucieux de ne pas se laisser déborder, sont donc très attentifs à leur comportement. Les filles leur posent en général moins de problème. Les enseignants estiment également que les garçons vont mieux réussir dans les disciplines dites «masculines», comme les mathématiques, la physique, etc. Ils vont donc avoir tendance à les pousser et à passer plus de temps avec eux sur ces questions, au détriment des filles. Ils notent aussi du coup les garçons plus sévèrement.

Ces inégalités sont-elles visibles à tous les niveaux de la scolarité ?

On les constate particulièrement à partir de la sixième et jusqu’à la fin de l’enseignement secondaire. Les différenciations suivant les matières, qu’elles soient jugées plutôt «masculines» ou «féminines», sont plus notables à partir du lycée où les orientations commencent à se dessiner. On observe en revanche moins d’inégalités dans les classes du primaire où le niveau entre les élèves est encore assez homogène. Mais déjà, les enseignants ont tendance à destiner les garçons aux matières scientifiques.

Comment se matérialisent ces différences de traitement ?

Les professeurs consacrent en général plus de temps aux garçons. Ils leur donnent davantage la parole qu’aux filles et les laissent ensuite s’exprimer plus longtemps. L’enseignant prendra également plus de temps pour répondre aux questions des élèves masculins qu’à celles de leurs voisines. Les garçons reçoivent donc un enseignement plus personnalisé, alors que les filles sont davantage perçues et traitées comme un groupe. Le fait qu’un enseignant connaissent en général mieux le prénom des garçons est d’ailleurs assez révélateur des ces différenciations entre les deux sexes.

Les enseignants sont-ils conscients de leur comportement ?

Ils sont pour la plupart incrédules quand on pointe du doigt ces différences car tous, les hommes comme les femmes, s’efforcent de traiter équitablement les deux sexes. Mais l’école est le reflet de la société et il n’est donc pas étonnant d’y retrouver cette différenciation. Les professeurs ne sont toutefois pas les seuls responsables de cette situation. S’ils essayent de s’occuper davantage des filles, ils se font vite rappeler à l’ordre par le comportement des garçons.

Qu’en est-il de la réaction des élèves face à ces différenciations ?

Ils participent eux aussi à ce système puisqu’ils arrivent souvent à l’école avec des représentations en tête : la lecture est ainsi associée aux filles et les mathématiques aux garçons. La société les influence très clairement. Une élève bonne en maths va souvent craindre par exemple d’être considérée comme peu féminine. Et un garçon qui apprécie la littérature va redouter la réaction de ses camarades. Les élèves disent ainsi se sentir souvent plus à l’aise dans un groupe non-mixte, les filles particulièrement. Ces dernières sont contentes de ne plus subir les moqueries de leurs camarades. Les garçons, toutefois, ressentent alors une compétition exacerbée entre eux. Les enseignants disent d’ailleurs souvent que les filles polissent les garçons.

Quelles sont les conséquences sur la scolarité des adolescents ?

Cette différenciation joue beaucoup sur l’attitude des élèves. Le fait que les enseignants en attendent plus des garçons dans les matières scientifiques n’est notamment pas sans incidence sur la confiance en soi des élèves. A partir de l’adolescence, les filles de bon niveau en maths font par exemple preuve d’une confiance en elle systématiquement plus faible que les garçons de niveau identique. La différence de traitement influe aussi sur les orientations des élèves. Les filles, moins poussées par leurs professeurs en sciences, choisiront peut-être une filière littéraire alors qu’elles auraient pu faire de très bonnes scientifiques.

Faut-il pour autant revenir à la non-mixité dans les écoles ?

Je pense qu’on peut réfléchir à cette notion, notamment selon les matières où cela pourrait avoir un sens : dans les cours de sports par exemple où les garçons se moquent souvent des filles ou dans les cours de biologie ou ils s’emparent de tous les microscopes. C’est un débat qui doit être ouvert au sein même des classes. On pourrait envisager de phases de non-mixité brèves au sein de l’emploi du temps des élèves avant de les ramener vers un univers où filles et garçons sont mélangés. Un retour frontal et proclamé à la non-mixité n’est en revanche pas envisageable car il aurait une connotation symbolique désastreuse.

Source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2010/09/01/01016-20100901ARTFIG00446-les-profs-consacrent-souvent-plus-de-temps-aux-garcons.php

Quand Facebook et emploi ne font pas bon ménage

Quand Facebook et emploi ne font pas bon ménage

Par Marie Bartnik
08/09/2010 | Mise à jour : 11:35


Crédits photo : Le Figaro

Des initiatives visent à restaurer une frontière plus étanche entre la sphère privée et la sphère professionnelle, en particulier dans le domaine du recrutement.

Nombreux sont les exemples de salariés qui, à l’instar de ces trois employés d’Alten licenciés pour avoir critiqué leur hiérarchie sur Facebook, ont pâti d’avoir exposé leur vie professionnelle sur le réseau social. Et si de telles indiscrétions peuvent être néfastes lorsqu’un salarié est en poste, cela est d’autant plus vrai pour les candidats à l’embauche. 45% des recruteurs fouillent en effet les réseaux sociaux s’ils projettent de recruter un candidat, rapportent Christine Balagué et David Fayon, dans leur ouvrage «Facebook, Twitter et les autres». Une pratique qui en défavoriserait plus d’un.

C’est pour cette raison que l’association À compétence égale a lancé en juillet dernier une «Charte réseaux sociaux, internet, vie privée et recrutement», qui préconise notamment aux recruteurs de «ne pas utiliser les moteurs de recherche ni les réseaux sociaux comme outils d’enquête» sur leurs futures ouailles. Signée entre autres par l’Agence pour l’emploi des cadres, le siteCadremploi.fr ou encore Syntec conseil en recrutement, cette charte, la première de ce type élaborée en France, vise à la fois à faire respecter la vie privée des candidats et à préserver la neutralité du recruteur. «Si une personne rend publique sur Facebook des informations telles que sa religion, son lieu de naissance ou encore sa situation matrimoniale, le point de vue de l’employeur peut être biaisé», argumente Cyril Capèle, membre du conseil d’administration d’À compétence égale.

Des interdictions difficiles à mettre en oeuvre

Une démarche similaire dans ses objectifs vient d’éclore outre-Rhin. Le ministre de l’Intérieur allemand, Thomas de Maiziere, a présenté à la fin du mois d’août un projet de loi relatif aux questions de respect de la vie privée, qui inclut une interdiction formelle pour les recruteurs de devenir amis sur Facebook avec un candidat, sous peine d’amende. Une proposition réaliste ? «Il me semble que non, répond Cyril Capèle. Même si cette interdiction peut présenter un intérêt pédagogique, les recruteurs ont aussi une vie personnelle ! Comment s’assurer que l’on n’est pas actuellement ami avec quelqu’un qui deviendra un jour un candidat ?». Il est bien difficile, par ailleurs, de contrôler que le recruteur n’aura pas eu accès au profil Facebook de son futur collaborateur par d’autres moyens…

Développer la responsabilité de l’internaute

Le problème qui se pose dans ce cas, ou lorsqu’un salarié évoque sa vie professionnelle sur Facebook est celui de la frontière, de plus en plus ténue, entre la sphère privée et la sphère publique. Une porosité croissante que les salariés ne sont pas les seuls à redouter : les entreprises aussi, se montrent soucieuses de contrôler l’image que leur renvoie internet, comme en témoigne l’exemple de cette compagnie aérienne, Singapour Airlines, qui a récemment interdit à ces salariés d’évoquer leur travail sur Facebook. «Plutôt que d’édicter des interdictions difficilement applicables, mieux vaut à mon sens informer davantage, et développer le sentiment de responsabilité de l’internaute», estime la spécialiste du recrutement Fadhila Brahimi.

A cet effet, cette dernière conseille d’être particulièrement vigilant à maintenir la distinction entre un statut public ouvert à tous, et un statut privé, accessible à quelques amis seulement, et sur lequel il est possible d’observer moins de contraintes. «De plus en plus de personnes ont dorénavant deux statuts sur Facebook, qui leur permettent de gérer plus efficacement les destinataires des informations qu’ils publient», constate-t-elle. Une distinction qu’il vaut mieux intégrer, car pour entretenir son réseau, Facebook reste un outil précieux

Source : http://www.lefigaro.fr/emploi/2010/09/07/01010-20100907ARTFIG00602-quand-facebook-et-emploi-ne-font-pas-bon-menage.php

Des bienfaits de la faute

VOUS 06/09/2010 À 00H00

Des bienfaits de la faute

Zéro pointé . Selon une étude de l’OCDE, les élèves français font partie de ceux qui craignent le plus de faire des erreurs en classe.

Par LISETTE GRIES

Il paraît que l’erreur est humaine. Soit. Mais pas partout. Se louper, se planter, se gourer, bref, se tromper reste l’angoisse numéro 1 des élèves français. C’est tellement vrai que même le gratin de la réussite s’en est ému cet été. Dans les locaux de la prestigieuse Ecole normale supérieure (ENS), rue d’Ulm à Paris, doctorants et chercheurs de l’association Paris-Montagne ont élevé la boulette au rang de passage obligé de l’apprentissage. Mieux, de déclencheur à découvertes (lire ci-contre). Sous la bannière «Détrompez-vous ! Un festival d’erreurs», la docte assemblée a invité des élèves à se prendre les pieds dans le tapis d’ateliers scientifiques. Sous le regard pour une fois fier et ému de leurs parents. «Certains nous ont dit se sentir soulagés qu’on puisse traiter ce thème dans un lieu de savoir», confirme Maëlle Lenoir, présidente de l’association.

Trouille. Mais la rentrée est là. Avec sa cohorte d’effaceurs, Tipp-Ex et gommes. Des fournitures que les petits Français n’oublient jamais. «Ils sont parmi les plus anxieux. Et expliquent, dans les enquêtes que nous menons, qu’ils ont peur de mal faire», résume Bernard Hugonnier, directeur adjoint de l’éducation à l’OCDE. Depuis 2000, l’Organisation de coopération et de développement économiques évalue, tous les trois ans, les systèmes éducatifs d’une soixantaine de pays occidentaux.

Pourquoi tant de trouille ? «En France, l’école fonctionne avec un système hiérarchique très fort. Le professeur détient l’autorité et le savoir, et ses relations avec les élèves ne sont absolument pas détendues», précise Bernard Hugonnier. Cette position de l’enseignant tout-sachant, une image quelque peu écornée par le prof de français du film Entre les murs, palme d’or 2008 au festival de Cannes, intimiderait même les meilleurs. Comme Mathilde, 15 ans : «J’ai toujours peur d’avoir l’air bête devant les profs. Le jour du brevet d’histoire-géo, ceux qui nous surveillaient lisaient les copies rendues et rigolaient entre eux des fautes des candidats. J’ai trouvé ça hyper pas sympa ! raconte la jeune lycéenne.Du coup, j’ai attendu avant de rendre ma copie, et, quand je me suis décidée, j’ai bien guetté leurs réactions.»

Le problème, c’est que les élèves inquiets préfèrent souvent refuser de répondre ou, au contraire, chahutent plutôt que de prendre le risque de se tromper. Les profs, eux-mêmes, donnent parfois trop vite la solution.«L’an dernier, quand quelqu’un donnait une mauvaise réponse, la maîtresse disait “faux !” et elle passait à quelqu’un d’autre. Moi, j’aurais préféré avoir des explications», confie Ninon, 10 ans.

«Nous sommes dans une civilisation de la certitude, affirme Jacques Fiard, professeur à l’IUFM d’Auvergne et coauteur de l’Erreur à l’école (1).L’erreur fait peur à l’enseignant autant qu’à l’élève.» Ce qui conduirait les profs à des réactions un peu catégoriques quand leurs protégés répondent à côté. Mais il n’y a pas que ça. «L’objectif donné aux professeurs, c’est de terminer leur programme dans l’année. Il faudrait que cela change et qu’on leur fixe pour but de faire réussir tous leurs élèves sans redoublement», préconise Bernard Hugonnier. Pour y parvenir, les experts proposent que l’on cesse d’évaluer les enfants en permanence. Et que l’on mette au point un système de notation qui valorise la réponse juste au lieu de sanctionner la réponse fausse. Une requête ancienne, qui peine toujours à se faire entendre. La FCPE, première fédération de parents d’élèves, milite pour que l’on encourage davantage les élèves. Le Mouvement contre la constante macabre (le fait qu’un enseignant se sente obligé de mettre de mauvaises notes) propose un système d’évaluation «par contrat de confiance», qui facilite la réussite des élèves aux contrôles.

«Méchant». Autre piste, celle de François Gaudel, professeur de maths à la retraite et «errorophile» convaincu : «Dans ma classe, j’interdisais l’usage de la gomme. Je voulais que les élèves retrouvent le cheminement de leur pensée pour qu’ils ne se contentent pas de corriger leurs erreurs mais qu’ils puissent aussi les comprendre.» Une façon de lutter contre la réticence des scolaires à laisser des traces de leurs réponses erronées, comme s’ils avaient du mal à accepter qu’ils aient pu faire fausse route.

Enfin, il y a aussi la peur de se planter devant les autres. «Entre nous, on se moque de ceux qui se sont trompés», admet Jean, en CM2. Cette peur de l’humiliation en public empire à l’adolescence. Mathilde raconte une douloureuse remise de copies en physique-chimie : «J’avais fait une grosse faute et, au moment de me rendre ma feuille, le prof a commencé à lire ma réponse fausse à voix haute devant tout le monde. C’était méchant, j’avais trop honte. Du coup j’ai crié : “Non ! Non !” et il s’est arrêté, heureusement.»

(1) Editions l’Harmattan

Source : http://www.liberation.fr/vous/0101656036-des-bienfaits-de-la-faute

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU,VU&ENTENDU

ECONOMIE – 5 septembre 2010 à 17h28

Ils veulent vous faire travailler plus longtemps, ils ont tort

LU SUR…

«Ils pensent que vous devriez travailler plus longtemps. Pourquoi cela ne nous aidera pas.» Est-ce le titre d’une tribune de Bernard Thibault, François Chérèque ou Jean-Claude Mailly? Pas du tout. Cette chronique est parue dans le Washington Post, sous la signature d’Ezra Klein.

Le jeune journaliste américain nous permet de mesurer que le débat sur l’âge de la retraite est loin d’être franco-français.

«Il y a beaucoup de choses que le Congrès ne sait pas en ce moment. Que faire au sujet des emplois, par exemple. Qui va diriger la Chambre en janvier. Comment faire pour équilibrer le budget. Mais il y a une chose sur laquelle les deux partis semblent de plus en plus d’accord: vous devriez travailler plus longtemps.»

Outre-Atlantique, le raisonnement est le même qu’en France: les gens vivent plus longtemps, il est donc logique qu’ils travaillent plus longtemps. Mais, pour Ezra Klein, ce n’est peut-être pas si «logique». Il relève que ce point de vue est partagé par les hommes politiques –qui aiment leur travail et ne veulent pas s’arrêter– et les journalistes et chroniqueurs –qui aiment leur métier et ne veulent pas s’arrêter.

«Mais la plupart des gens ne travaillent pas au Congrès ou dans les médias. Ils travaillent sur leurs pieds. Ils en ont plein le dos. Ils s’ennuient ferme à la fin de leur journée. Au moment où ils sont atteignent 60 ans, ils veulent prendre leur retraite.»

Aux Etats-Unis, les salariés perçoivent une retraite par le biais du régime de base, baptisé Social Security, qu’ils complètent notamment avec des régimes professionnels. Mais le régime de base est majoritaire, il concerne 90% des retraités américains. Depuis la réforme de 1983 menée sous Ronald Reagan par Alan Greenspan, avant qu’il ne dirige la Fed, l’âge de la retraite à taux plein a été relevé progressivement. Pierre-Yves Dugua, sur son blog, expliquait en juin:

«Aujourd’hui un Américain à partir de 62 ans peut toujours prendre sa retraite. Mais il ne percevra qu’une partie de sa pension au titre de “Social Security”. Plus il diffère sa retraite, plus sa pension sera élevée. En 2026, l’âge à partir duquel l’Américain pourra profiter de 100% de cette pension publique sera de 67 ans.»

Le régime américain est également confronté à un manque de ressources. Mais, explique Klein, «le problème n’est pas que la Social Security dépense trop d’argent ou que nous vivions trop longtemps. Le problème, c’est que nous n’avons pas assez d’enfants (ou pas assez d’immigrants)». Le chroniqueur chiffre le coût du sauvetage du système: 0,7% du PIB jusqu’en 2035. Soit «à peu près ce que coûteront les coupes dans les impôts pour les riches accordées par George W. Bush sur la même période».

Surtout, Ezra Klein contredit l’évidence qui voudrait que tous les Américains vivent plus longtemps. Il compare l’espérance de vie en 1935 (date de la création de Social Security) et de nos jours.

«Si vous étiez un homme blanc de 60 ans en 1935, vous pouviez espérer vivre 15 ans de plus. Si vous êtes un homme blanc de 60 ans aujourd’hui, vous pouvez espérer vivre 20 ans de plus.»

Et le système reflète les inégalités sociales:

«En 1972, un travailleur de 60 ans de sexe masculin qui gagnait moins que le revenu médian avait une espérance de vie de 78 ans. En 2001, il avait une espérance de vie de 80 ans. Pendant ce temps, les travailleurs situés dans la tranche supérieure passaient de 79 ans à 85 ans. Dans la mesure où l’argument de relever l’âge de la retraite est que “les bénéficiaires de la sécurité sociale vivent beaucoup plus longtemps aujourd’hui qu’en 1935″, il devrait être reformulé ainsi: “les bénéficiaires de Social Security ont tendance à vivre un peu plus aujourd’hui qu’ils ne le faisaient en 1935, et c’est beaucoup plus vrai pour les bénéficiaires riches que pour les pauvres”.»

Photo: Reuters

Source : http://www.slate.fr/lien/26853/ils-veulent-vous-faire-travailler-plus-longtemps-ils-ont-tort

Les bienfaits de la contrefaçon

Luxe

Les bienfaits de la contrefaçon

03 septembre 2010 The Daily Telegraph Londres
Des bijoux contrefaits, dans un magasin de Jakarta, Indonesie.

Des bijoux contrefaits, dans un magasin de Jakarta, Indonesie.

AFP

La contrefaçon ne se fait pas seulement au bénéfice de certains consommateurs. Les marques copiées en tirent elles-mêmes profit, estime un rapport financé par l’Union européenne.

Les sacs Louis Vuitton et les montres Rolex achetés à l’étranger pour une bouchée de pain donnent souvent mauvaise conscience aux acheteurs. Si les vacanciers sont ravis d’avoir fait une bonne affaire, ils ont souvent peur d’avoir acheté un produit de mauvaise qualité, d’avoir outrepassé les limites de la légalité et engraissé le grand banditisme.

Mais apparemment, ces inquiétudes n’ont pas lieu d’être. Un nouveau rapport financé par l’UE donne même carte blanche aux vacanciers pour leurs achats. Selon cette étude, rédigée en partie par un conseiller du Home Office [le ministère de l’Intérieur britannique], les consommateurs et le marché du luxe ont en revanche tout à gagner.

Ainsi, les pertes liées à la contrefaçon pour l’industrie du luxe seraient complètement surestimées – puisque la plupart des gens qui achètent des contrefaçons n’auraient jamais les moyens de se payer les originaux – et ces marchandises prohibées seraient même une bonne opération de marketing.

La police ne devrait pas perdre son temps à lutter contre ce trafic

D’après ce rapport, la police ne doit pas perdre son temps à essayer d’enrayer ce trafic. En effet, l’étude bat en brèche l’affirmation selon laquelle la contrefaçon financerait le terrorisme et le grand banditisme. L’opinion publique, rappelle les rapporteurs, n’est d’ailleurs guère favorable à un renforcement de la répression puisque les consommateurs sont les premiers à profiter de ce commerce illégal, qui rapporterait 1,3 milliard de livres [1,5 milliard d’euros] chaque année au Royaume-Uni.

Pour le professer David Wall, co-auteur du rapport et conseiller du gouvernement en matière de criminalité, la valeur du préjudice subi par le secteur du luxe est largement surestimée : les pertes s’élèveraient en fait à un cinquième des estimations actuelles. “Voire peut-être moins“, dit-il. “D’ailleurs, selon certains éléments, la contrefaçon profiterait aux grandes marques en raccourcissant notamment le cycle de vie d’un produit et en augmentant la sensibilité des gens aux marques. Ce qui est vraiment préoccupant en revanche, c’est la contrefaçon de médicaments, des pièces détachées pour les avions et toutes ces choses qui peuvent vraiment causer du tort aux consommateurs. Alors que les restrictions budgétaires affectent également la police, et qu’on leur demande toujours d’en faire plus, la lutte contre la criminalité devrait avoir d’autres priorités.” explique-t-il.

1000 euros d’amende pour un sac acheter 7 euros à Venise

Si les autorités britanniques traquent les trafiquants de contrefaçons, le gouvernement a décidé de ne pas pénaliser les consommateurs. Ce qui n’est pas le cas partout. En France par exemple, l’achat de contrefaçons est puni d’une amende pouvant aller jusqu’à 300 000 euros ou de trois années d’emprisonnement. Cet été en Italie, lors d’un coup de filet, un touriste a été condamné à verser une amende de 1000 euros pour avoir acheté un faux sac Vuitton pour 7 euros près de Venise.

Selon le rapport, près de trois millions de personnes achètent chaque année des marchandises estampillées Louis Vuitton, Yves Saint Laurent, Burberry ou Gucci. Un tiers des ventes se font par Internet. Pour David Wall, les consommateurs ne sont pas dupes : “Je reviens de Corfou. Il y avait des montres Breitling à 10 euros. Il faudrait être fou pour croire que ce sont des vraies.”

La qualité a été nettement améliorée, ajoute le rapport destiné au British Journal of Criminology. Il conclut que “l’opinion publique n’est pas favorable à l’affectation de fonds publics à la surveillance et à la poursuite des auteurs et des fabricants de ce type de contrefaçons” ; et avance que c’est à l’industrie du luxe et non à la police de faire ce travail.

La police et les grandes marques de luxe ne sont toutefois pas convaincues. “La vente de contrefaçons est un délit grave dont les bénéfices financent des organisations criminelles aux dépens des consommateurs, des entreprises et des gouvernements“, déclare un porte-parole de Louis Vuitton. Même son de cloche chez Burberry : la contrefaçon n’est pas à prendre à la légère. Quand un cas de contrefaçon est avéré, Burberry se prononce toujours en faveur de la peine maximale, a déclaré un représentant de la marque. Pour l’association des commissaires de police, la contrefaçon n’est “pas un délit sans victimes.” Les entreprises, les particuliers et les contribuables ont tous, selon son porte-parole, à en subir les conséquences.

Source : http://www.presseurop.eu/fr/content/article/331001-les-bienfaits-de-la-contrefacon